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Micro-critique star (Thumb) :
Thumb
(à propos de La Nuit du 12)
“ Polar tourmenté au cœur d'un monde désaxé, de cet effroyable féminicide émane un questionnement sur notre société. Terriblement actuel. ”
— Thumb
16 juillet 2022
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cath44(à propos de La Nuit du 12)“ Entre les hommes et les femmes s’abîme la quête d’une énigme irrésolue. Gouffre obsédant de noirceur, la douleur du mal continue de hanter. ” — cath44 15 juillet 2022
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Thumb(à propos de La Nuit du 12)“ Polar tourmenté au cœur d'un monde désaxé, de cet effroyable féminicide émane un questionnement sur notre société. Terriblement actuel. ” — Thumb 16 juillet 2022
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Thumb
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SpectateurLambda
L'ouverture par un panneau prévenant le spectateur que jamais la résolution du crime dont il est ici question n'adviendra durant l'enquête objet central du film, nous permet de nous détacher immédiatement de cet aspect. De nous soustraire à cette habitude classique et naturelle de chercher en même temps que les enquêteurs, au fur et à mesure des confrontations de suspects potentiels, des éléments présentés qui serait ce coupable dont on n'imagine pas qu'il puisse échapper à notre sagacité et encore moins à celle des policiers. Le film de la sorte nous invite à nous concentrer sur autre chose, la psychologie d'une enquête, le rapport de ces hommes aux victimes à leur entourage et aux suspects.
Il questionne aussi les forces de l'individu, face à la cohésion du groupe, le groupe à la fois source d'appui, de lâcher prise - pas toujours d'une grande finesse - d'émulation mais aussi source de conflits, de moments exutoire des frustrations accumulées. Dès lors les réactions de chacun face à l'impasse odieuse qu'est l'échec de cette instruction pourra être entendue comme l'écho sournois des doutes et limites de chacun.
Un autre élément à la fois troublant et sidérant que dépeint Moll dans son film, réside dans le fait que face à ce féminicide violent, infâme, odieux, incompréhensible - comme s'interroge Marceau : Que peut-il bien se passer dans la tête d'une personne pour se balader avec un bidon d'essence et foutre le feu à une personne vivante ? - il n'en demeure pas moins, hélas, d'une banalité et d'un commun dont on a encore peine, je crois à mesurer l'ampleur, malgré une certaine prise de conscience collective et une mise en lumière médiatique désormais systématique de tels crimes.
L'un des dialogues qui m'a en ce sens le plus touché, est celui de la meilleure amie de la victime déclarant que cette dernière a été tuée parce que c'est une fille.
Au delà du glaçant que peut être cette assertion, au-delà même des réserves que ne manqueront pas d'émettre quelques hommes blessés dans leur orgueil viril et machiste et qui sur les réseaux sociaux aiment à démonter le féminisme et la libération des paroles des victimes ouverte par #metoo, elle nous oblige à faire face à cette réalité, et l'ensemble des hommes interrogés, malgré d'évidentes différences, voire oppositions, sont d'une part tous potentiellement coupables, tous formellement complices d'une certaine façon, par une parole, une attitude, mais aussi tous le reflet plus ou moins fidèle et déformé de notre image à tous les hommes.
La mise en scène ne joue jamais la partition de la surenchère, elle souligne avec intelligence le propos et les thématiques du film, qui sont sa grande force et qui le sont surtout grâce à un scénario et une écriture d'une immense qualité et grâce aux acteurs absolument formidables, à la tête desquels bien sûr un Bastien BOUILLON impeccable dans l'incarnation très juste et subtile de ce chef de groupe devant à la fois composer avec les éléments de son groupe justement et ses propres réactions face à ce qui constitue mine de rien un trauma, je trouve d'ailleurs que par aspect les symptômes du stress post traumatique se retrouvent dans cette frustration, cette confrontation face à un échec, qui n'est pas juste, "bon ben on a raté un truc, tant pis on passe à autre chose". Enfin celui qui m'apparait comme la colonne vertébrale du film, qui délivre une performance hallucinante de générosité, d'implication, de précision, et je trouve dès lors son César totalement mérité, j'ai nommé Bouli LANNERS.
Le panneau d'ouverture précise autre chose d'effrayant, chaque année 20 % des enquêtes ouvertes pour homicide n'aboutissent pas. Le panneau de fin nous dit lui que ce film est une fiction inspirée de faits réels. Je laisse à chacun en son âme et conscience le soin d'établir un lien entre ces deux phrases.
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Croka(à propos de La Nuit du 12)“ D'une justesse incroyable ce polar militant qui s'interroge sur la fossé hommes/femmes et la responsabilité sociétale des féminicides. ” — Croka 13 juillet 2022
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Croka
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SpectateurLambda
L'ouverture par un panneau prévenant le spectateur que jamais la résolution du crime dont il est ici question n'adviendra durant l'enquête objet central du film, nous permet de nous détacher immédiatement de cet aspect. De nous soustraire à cette habitude classique et naturelle de chercher en même temps que les enquêteurs, au fur et à mesure des confrontations de suspects potentiels, des éléments présentés qui serait ce coupable dont on n'imagine pas qu'il puisse échapper à notre sagacité et encore moins à celle des policiers. Le film de la sorte nous invite à nous concentrer sur autre chose, la psychologie d'une enquête, le rapport de ces hommes aux victimes à leur entourage et aux suspects.
Il questionne aussi les forces de l'individu, face à la cohésion du groupe, le groupe à la fois source d'appui, de lâcher prise - pas toujours d'une grande finesse - d'émulation mais aussi source de conflits, de moments exutoire des frustrations accumulées. Dès lors les réactions de chacun face à l'impasse odieuse qu'est l'échec de cette instruction pourra être entendue comme l'écho sournois des doutes et limites de chacun.
Un autre élément à la fois troublant et sidérant que dépeint Moll dans son film, réside dans le fait que face à ce féminicide violent, infâme, odieux, incompréhensible - comme s'interroge Marceau : Que peut-il bien se passer dans la tête d'une personne pour se balader avec un bidon d'essence et foutre le feu à une personne vivante ? - il n'en demeure pas moins, hélas, d'une banalité et d'un commun dont on a encore peine, je crois à mesurer l'ampleur, malgré une certaine prise de conscience collective et une mise en lumière médiatique désormais systématique de tels crimes.
L'un des dialogues qui m'a en ce sens le plus touché, est celui de la meilleure amie de la victime déclarant que cette dernière a été tuée parce que c'est une fille.
Au delà du glaçant que peut être cette assertion, au-delà même des réserves que ne manqueront pas d'émettre quelques hommes blessés dans leur orgueil viril et machiste et qui sur les réseaux sociaux aiment à démonter le féminisme et la libération des paroles des victimes ouverte par #metoo, elle nous oblige à faire face à cette réalité, et l'ensemble des hommes interrogés, malgré d'évidentes différences, voire oppositions, sont d'une part tous potentiellement coupables, tous formellement complices d'une certaine façon, par une parole, une attitude, mais aussi tous le reflet plus ou moins fidèle et déformé de notre image à tous les hommes.
La mise en scène ne joue jamais la partition de la surenchère, elle souligne avec intelligence le propos et les thématiques du film, qui sont sa grande force et qui le sont surtout grâce à un scénario et une écriture d'une immense qualité et grâce aux acteurs absolument formidables, à la tête desquels bien sûr un Bastien BOUILLON impeccable dans l'incarnation très juste et subtile de ce chef de groupe devant à la fois composer avec les éléments de son groupe justement et ses propres réactions face à ce qui constitue mine de rien un trauma, je trouve d'ailleurs que par aspect les symptômes du stress post traumatique se retrouvent dans cette frustration, cette confrontation face à un échec, qui n'est pas juste, "bon ben on a raté un truc, tant pis on passe à autre chose". Enfin celui qui m'apparait comme la colonne vertébrale du film, qui délivre une performance hallucinante de générosité, d'implication, de précision, et je trouve dès lors son César totalement mérité, j'ai nommé Bouli LANNERS.
Le panneau d'ouverture précise autre chose d'effrayant, chaque année 20 % des enquêtes ouvertes pour homicide n'aboutissent pas. Le panneau de fin nous dit lui que ce film est une fiction inspirée de faits réels. Je laisse à chacun en son âme et conscience le soin d'établir un lien entre ces deux phrases.
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L'ouverture par un panneau prévenant le spectateur que jamais la résolution du crime dont il est ici question n'adviendra durant l'enquête objet central du film, nous permet de nous détacher immédiatement de cet aspect. De nous soustraire à cette habitude classique et naturelle de chercher en même temps que les enquêteurs, au fur et à mesure des confrontations de suspects potentiels, des éléments présentés qui serait ce coupable dont on n'imagine pas qu'il puisse échapper à notre sagacité et encore moins à celle des policiers. Le film de la sorte nous invite à nous concentrer sur autre chose, la psychologie d'une enquête, le rapport de ces hommes aux victimes à leur entourage et aux suspects.
Il questionne aussi les forces de l'individu, face à la cohésion du groupe, le groupe à la fois source d'appui, de lâcher prise - pas toujours d'une grande finesse - d'émulation mais aussi source de conflits, de moments exutoire des frustrations accumulées. Dès lors les réactions de chacun face à l'impasse odieuse qu'est l'échec de cette instruction pourra être entendue comme l'écho sournois des doutes et limites de chacun.
Un autre élément à la fois troublant et sidérant que dépeint Moll dans son film, réside dans le fait que face à ce féminicide violent, infâme, odieux, incompréhensible - comme s'interroge Marceau : Que peut-il bien se passer dans la tête d'une personne pour se balader avec un bidon d'essence et foutre le feu à une personne vivante ? - il n'en demeure pas moins, hélas, d'une banalité et d'un commun dont on a encore peine, je crois à mesurer l'ampleur, malgré une certaine prise de conscience collective et une mise en lumière médiatique désormais systématique de tels crimes.
L'un des dialogues qui m'a en ce sens le plus touché, est celui de la meilleure amie de la victime déclarant que cette dernière a été tuée parce que c'est une fille.
Au delà du glaçant que peut être cette assertion, au-delà même des réserves que ne manqueront pas d'émettre quelques hommes blessés dans leur orgueil viril et machiste et qui sur les réseaux sociaux aiment à démonter le féminisme et la libération des paroles des victimes ouverte par #metoo, elle nous oblige à faire face à cette réalité, et l'ensemble des hommes interrogés, malgré d'évidentes différences, voire oppositions, sont d'une part tous potentiellement coupables, tous formellement complices d'une certaine façon, par une parole, une attitude, mais aussi tous le reflet plus ou moins fidèle et déformé de notre image à tous les hommes.
La mise en scène ne joue jamais la partition de la surenchère, elle souligne avec intelligence le propos et les thématiques du film, qui sont sa grande force et qui le sont surtout grâce à un scénario et une écriture d'une immense qualité et grâce aux acteurs absolument formidables, à la tête desquels bien sûr un Bastien BOUILLON impeccable dans l'incarnation très juste et subtile de ce chef de groupe devant à la fois composer avec les éléments de son groupe justement et ses propres réactions face à ce qui constitue mine de rien un trauma, je trouve d'ailleurs que par aspect les symptômes du stress post traumatique se retrouvent dans cette frustration, cette confrontation face à un échec, qui n'est pas juste, "bon ben on a raté un truc, tant pis on passe à autre chose". Enfin celui qui m'apparait comme la colonne vertébrale du film, qui délivre une performance hallucinante de générosité, d'implication, de précision, et je trouve dès lors son César totalement mérité, j'ai nommé Bouli LANNERS.
Le panneau d'ouverture précise autre chose d'effrayant, chaque année 20 % des enquêtes ouvertes pour homicide n'aboutissent pas. Le panneau de fin nous dit lui que ce film est une fiction inspirée de faits réels. Je laisse à chacun en son âme et conscience le soin d'établir un lien entre ces deux phrases.